CALENDRIER CELTE COLIGNY

« … Tout gui venant sur le rouvre est regardé comme envoyé du ciel ; ils pensent que c’est un signe de l’élection que le dieu même a faite de l’arbre. Le gui sur le rouvre est extrêmement rare, et quand on en trouve, on le cueille avec un très grand appareil religieux. Avant tout, il faut que ce soit le sixième jour de la Lune, jour qui est le début de leurs mois, de leurs années et de leurs siècles, qui durent trente ans ; jour auquel l’astre, sans être au milieu de son cours, est déjà dans toute sa force ».

Pline l’Ancien, Histoire naturelle, Livre XVI.

« Les Gaulois se vantent d’être issus de Dis Pater (du dieu Pluton), selon la tradition des druides ; c’est par cette raison qu’ils mesurent le temps, non par le nombre des jours mais par celui des nuits : les jours de naissance, le commencement du mois et celui des années sont toujours comptés de manière que le jour n’entre dans le calcul qu’après la nuit. » […]

« Le mouvement des astres, l’immensité de l’univers, la grandeur de la terre, la nature des choses, la force et le pouvoir des dieux immortels, tels sont en outre les sujets de leurs discussions : ils [les Druides ]les transmettent à la jeunesse. »

Jules César, De bello gallico, Livre VI.

 

Parmi les sciences traditionnelles de l’humanité, la Chronologie se déroule en cycles cosmiques régulièrement emboîtés. En bout de chaîne, le calendrier. Son rôle est d’ajuster au mieux trois cycles : la rotation de la Terre autour de son axe polaire, les phases de la Lune et les stations du Soleil dans le Ciel nocturne. La difficulté vient de l’incommensurabilité des cycles terrien, lunaire et solaire. A cette difficulté, le calendrier celte, gravé sur la table de Coligny, apporte une réponse à la fois ingénieuse et identique à celles de l’Inde et de la Chine.

Découvert en 1897, sur le territoire des Gaulois Ambarri (Ain), ce calendrier égrenne, nuit après nuit1, et mois après mois, le cycle du Lustre, soit 5 ans solaires, ou 62 lunaisons ou 18312 nuits (30×60+1 & 31×59+3). Auparavant (1807), quelques fragments d’un premier calendrier avait été retrouvés au lac d’Antre (Villards d’Héria, territoire Séquane du Jura).

En combinant l’archéologie, l’histoire, l’astronomie, la philologie, et l’ethnologie, les Modernes sont parvenus, non seulement à reconstituer le calendrier celte, mais aussi à subodorer la Cosmologie traditionnelle Druide associée.

Citons les principaux noms : l’inventeur, un cultivateur de Charmoux en Coligny (1897), Héron de Villefosse (1898), Seymour de Ricci (1898, 1926), Emile Espérandieu & Paul Dissard (1898), Joseph Loth (1904), John Rhys (1905, 1906, 1910 & 1911), Eóin Mac Neill (1924), Célestin Lainé-Kerjean (1943), Lucien Lerat (1967) Paul-Marie Duval & Georges Pinault (1986), Donatien Laurent (2007), David Romeuf (2012).

La série d’emboîtements obtenus, fonctionne sur les nombres 2-3, 5-6, 12-15 et 30-60. Le mois complet comprend 6 « pempes »3 de 5 jours, groupées en triades (3×5) ou en 2 quinzaines (2×15), successivement centrées sur la Pleine Lune puis la Nouvelle Lune4. Les demi-lustres groupent 5 semestres (5×6 mois), donc 30 mois, suivis de 30 nuits correspondantes, sauf au bout de 30 ans (6 lustres): le « siècle » celtique.

L’intercalation tous les 30 mois permet un raccord avec les saisons solaires. La répartition légèrement irrégulière des nuits dans les mois : Samon(30 nuits)-Dumann(29), Riuros(30)- Anagantio(29), Ogronn(30)-Cutios(30); et Giamoni(29)-Simivis(30)-Equos(28, les années paires, 30, les années impaires du lustre), Elembiu(29)-Aedrini(30)-Cantlos(29), est en fait LA MEILLEURE et la plus simple approximation des phases vraies lunaires (écart moyen de 0,8 jour par lunaison). Sur le lustre, le décalage à la marche du Soleil est d’une « pempe » (5 nuits) tandis que sur le « siècle » gaulois (cycle de 30 ans moins un mois), il est d’à peine 0,152 nuit sur la Lune et 1,266 nuit sur le Soleil.

Les auteurs n’ont pas manqué de noter la ressemblance profonde du calendrier celte avec les alternances indienne et chinoise de type Yin / Yang5. En effet, nuit et jour, 2 quinzaines, 2 grandes saisons et 2 demi-lustres se partagent l’obscurité et la lumière. De même, la période de douze jours dans le mois de Riuros correspond, dans les traditions germanique, grecque, indienne, chinoise… et bien sûr celtique, au fameux « mini-cycle » des douze jours servant au pronostic des douze mois suivants.

Les saisons sont repérées par l’étymologie celtique ou indo-européenne des mois. Voici: Samon récapitule l’Eté (samo). Dumann : en Celte : arbre, droit, dur, dru, élevé (dr) + mois (amman) : en Vieil Irlandais, le temps (amn). En Breton, le temps (amser). En Sanskrit, un cycle qui se termine ou commence par la nouvelle lune (amanta). C’est le mois de l’Arbre : Noël, solstice d’Hiver. Riuros: en Vieil Irlandais, le grand froid (reud). En Gallois, le gel (rhew). En Breton, le froid (riv). Ogronn : un mois froid (ougro) celtique insulaire. Ana-gantio : en Sanskrit, chant, hymne (gana, gatha). En Gallois, chanter (canu). En latin, chant (cantus). Ana (préfixe sanskrit de nom verbal) est plus probablement la divinité Ann ou Anna, à qui s’adresse l’hymne (rebaptisée Sainte Anne : voir la troménie de Locronan plus loin). Cuti-os : en Sanskrit, broyer, couper, hacher, courber (kutti); marteau, hache (kuta) et araire (kutaka). Hutte (kut). En Anglais, couper (cut) et hutte (hut). Coupe du bois. Giamon, récapitule l’Hiver (giamo). Simi-vis, abrégé de Milieu (Simi) du Printemps (Uisonna). Equos : latinisme pour cheval (Epos). Elembiu : cerf, élan (Elen). Aed-rini : mois aride. En Vieil Irlandais, Feu (Aed). Cantlos : le mois des provisions. En Français : cantine. En Auvergnat et Limousin, vannerie de stockage des provisions (cantu); originellement tressée de ronces ou d’épines (en Sanskrit: kanta).

La quadripartition de l’année, connue de la tradition irlandaise : Samain, Imbolc (sous le patronage de Brigid), Beltain et Lugnasad, est déjà en partie indiquée par les fêtes calendaires Tri Nox Samoni & Brigomiu. De même, la grande troménie de Locronan, circambulation rituelle bretonne sexannuelle, reproduit un cycle temporel dans l’espace : départ à l’ouest, descente au nord dans un val humide, fontaine dédiée à (saint) Ann6. Remontée par l’est jusqu’à la station dédiée à (saint) Iann. Ascension sur la colline, face sud, station dédiée à (saint) Ro-nan. Et retour à l’ouest en par passant la « jument de pierre ». Nous interprétons la grande troménie comme tro (dr) -ménie (amman), l’ancien rite de Dumann déplacé au solstice opposé, pour cause de Nativité chrétienne, voire plus tôt. Dans ce cas, le départ originel serait le solstice d’Hiver, conforme à une Tradition Polaire (le Soleil constament sous l’horizon au solstice d’Hiver, la Lune seule visible).

Sur les Ivos:

  1. X E D P N V U D T M W F B C D M N S T Z K C B N G T K Y U F D A E U V X

  2. U L T F I M O L I R T Q M G B B M G N I B O U Z I D R K T U J G S T H

  3. R Y S N K D W B H J P F W P J I L P Z J F Y F D I B H V A O X O A Y W Q B Z U H M U F O O F E A G Y H S G B M K F C I

  4. X O S U Y H Y J N O U J J B S B Y G M B Y U J S Q Y F M P V C

  5. N F T M U Q T L F K H N W F F B F U U W L V J Q Z M T W T M S J C B R N Y B T V A I B G I E F T A Y F F Y B D F O F C S D V V T M F V C

  6. Y B I W Z B W B Y C B A J C S G L J F A E Y H S D F F B C T V F X U F I D T N I F I T H

  7. F P J A E W M C K B A C X A P U T C W S Y J R D N R P T B O Z M M N J H F X P I N J

  8. N F F B J P U D L B F C P T M G X A M N W S V O T L F B V C M B V Y P A G R T B L I H J M V J T I

  9. Q U J M B V S T A B L Y H G I K T U F E W R O C V S D Y F O V F C G W G N V B G J N E N J

  10. J H C X Y U F W H Q G H G R N N Z J J A A X D P C I A S E P A U J

  11. J M U B U N G M I W D Z N V J G A I V F V T L H V N Y H I P J P V F O R M U I W H Y S Y C T L X N J X N S U M F S Y I J G

  12. J R J U Y H M M M M N G G N V I J G R Y V M T G W V M Z K N R T I X Q X T V T Z T S S C D T G E M R M F J U I G R A G X B R S

Now is studied the ancient Western Cosmology. The reader’s modern spirit is meant to a « revolution », etymologically speaking : back to the original, Polar Tradition, commun to America, Europe and Asia ‘s former civilisations. Let’s study the celtic Coligny Calender and one of the first romans of the Graal Cycle : Yvain and the Lion.

COLIGNY’s CELT CALENDER

Among traditional sciences, Chronology is about matching cosmic cycles. Calender is supposed to match three cycles : rotation of Earth around polar axis, Moon and Sun cycles.

The problem is somewhat difficult because these cycles ‘ ratios are not rational numbers. But the celt calender of Coligny comes with a clever solution, the same as India and China’ traditional cosmologies.

Found in 1897, on the sur le territory of Ambarri (Ain) Gaul tribe, it counts a day by day, month by months cycle of 5 solar years, 62 moons and 1831 nights7 (30×60+1 & 31×59+3), called Lustre. Earlier (1807), some pieces of another similar calender had been found in the waters near Antre ‘ lake (Villards d’Héria, Sequane territory, Jura).

Combining archeology, histoiry, astronomy, philology and ethnology, Modernes eventually solved the puzzle of the celt calender but also linked it to traditional Druid Cosmology.

Here are a few names : apart from the finder, an unknown peasant of Charmoux en Coligny (1897), Héron de Villefosse (1898), Seymour de Ricci (1898, 1926), Emile Espérandieu & Paul Dissard (1898), Joseph Loth (1904), John Rhys (1905, 1906, 1910 & 1911), Eóin Mac Neill (1924), Célestin Lainé-Kerjean (1943), Lucien Lerat (1967) Paul-Marie Duval & Georges Pinault (1986), Donatien Laurent (2007), David Romeuf (2012).

The set of numbers is : 2-3, 5-6, 12-15 and 30-60. The full months contains 6 « pempes »8 of 5 nights each, grouped in triads (3×5) ou in 2 fortnights (2×15), centered on Full and Black Moons9. Semi-lustres group 5 semesters (5×6 months), i.e. 30 months, followed10 by 30 coresponding nights, except after 30 years (at the end of the 6th lustre): this celt cycle or saeculum, being the match solution.

Intermediate month every each 30 month (commun with China) catches up the Sun walk. The somewhat irregular months’ lengths distribution: Samon(30 nights)-Dumann(29), Riuros(30)-Anagantio(29), Ogronn(30)-Cutios(30); and Giamoni(29)-Simivis(30)-Equos(28, on even years, 30, on odd years of the lustre), Elembiu(29)-Aedrini(30)-Cantlos(29), is actually THE BEST and simplest solution to stick to true irregular phases of the Moon (average deviation of 0,8 night by month). On the duration of a lustre, the late on the Sun walk is one « pempe » (5 nights); With a saeculum (30 years), it’s only 0,152 night to the Moon and 1,266 night to the Sun.

Authors noted the profound similarity of Coligny’s calender with indian and chinese Yang / Yin type: night and day, 2 fortnights, 2 great seasons and 2 demi-lustres share time beteween darkness and light11. Also, the 12 days period in the cold month of Riuros corresponds to a « mini-cycle » used to foresee the 12 following months, a famous tradition of Germans, Greeks, Indians, Chineese and of course the Celtic world.

Seasons can be determined by the months’ names’ indo-european or celtic roots. Here it is : Samon recapitulates Summer (samo). Dumann : tree, straight, hard, high (dr) + month (amman): in Old Irish, time (amn). In Breton, time (amser). In Sanskrit, a cycle beginning or ending on a new black moon (amanta). The tree-month : Noël (Chrismas), Winter solstice. Riuros: in Old Irish, big cold (reud). In Welsh, frost (rhew). In Breton, cold (riv). Ogronn : a celtic month name, meaning cold (ougro). Ana-gantio : in Sanskrit, song, hymn (gana, gatha). In Welsh, to sing (canu). In Latin, a song (cantus). Ana (could be a sanskrit’ form of a verbal name but) is most probably Ann or Anna, the god to which the hymn is dedicated (later : saint Ann, see below). Cuti-os : in English, cut. In Sanskrit, cut, crush, grind, chop, bend (kutti); hammer, axe (kuta); plough (kutaka). Hut (kut). The month of cutting woods. Giamon, sums up Winter (giamo). Simi-vis, middle (simi) of Spring (uisonna). Equos : latinism for horse (epos). Elembiu : deer, elk (elen). Aed-rini : in Old Irish, fire (aed). Cantlos : Supply month : in Auvergnat and Limousin, a storage basketwork (cantu), made of bramble (Sanskrit : kanta). In French : cantine.

Quarter days, a famous tradition of Eire : Samain, Imbolc (dedicated to Brigid), Beltain and Lugnasad, are already and partly present under the names Tri Nox Samoni & Brigomiu. Moreover, the great « tromenie of Locronan », a six-year periodic Brittany’s circle walk rite, repeats on the land, the cycle walk (north, left, bottom / south, right, top) : departure from the west, down to the north, in a fresh valley, to a fountain dedicated to (saint) Ann12. Up to the est to a station dedicated to (saint) Iann. Up to the top of a hill (dun) south face, dedicated to (saint) Ro-nan. And back to the west bypassing the « mare stone ». Our interpretation is : tro (dr) -ménie (amman), an old Dumann rite, changed to the opposite solstice because of Chrismas or else. That implies an origin near Winter solstice (and possibly New Moon), as required by a Polar Tradition (with the Sun below horizon, only the Moon is visible).

About Ivos signs : see french version 2 pages above.

1: Les Celtes comptent en nuits à partir du crépuscule.

2Nous nous rangeons à la solution de Eóin Mac Neill.

3: 1 oinos. 2 duo. 3 tri. 4 petru. 5 pempe. 6 suexs. 7 sextan. 8 oxtu. 9nauan.10 decan. 14 petrudecametos.

4 : Il reste une incertitude sur ce point.

5 : Le motif de deux feuilles, l’une d’or, l’autre d’argent, et inscrites tête-bêche dans un cercle, préexiste dans l’art celtique des siècles avant le Yin / Yang chinois. L’intercallation est aussi la même…

6(Saint) Ann existait en Bretagne avant la connaissance de la généalogie de Marie. Il pourrait être la divinité du mois Anna-gantios, transfigurée en Anne, Iann et Ronan. En Germain : Nana. En Indien Anna.

7We follow Eóin Mac Neill’s solution.

81 oinos. 2 duo. 3 tri. 4 petru. 5 pempe. 6 suexs. 7 sextan. 8 oxtu. 9nauan.10 decan. 14 petrudecametos.

9Consensus on that order is almost achieved.

10Instead of precedented which is also possible. The Celts « days » are nights begining at twilight.

11 The 2 tête-bêche leaves circle (head to tail, one of gold, the other of silver) existed in Celtic art centuries before the Yin / Yang graphics.

12(Saint) Ann existed in Brittany before any knowledge of Mary’s mother. It could be the God praised during Anna-gantios, and transfigurated in Ann, Iann & Ronan. In German : Nana. In Indian : Anna.