Objection à la Gaunilo

Note : Gaunilo (ou Gaunillon) est le premier moine à objecter à la première version de la preuve ontologique de Dieu, celle de St Anselme ( XI° siècle, France, temps chrétien féodal). 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Gaunilon

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…ENS ET VERUM CONVERTUNTUR ?

Ou bien : peut-on dans le cas de la preuve ontologique de l’Existence de Dieu, identifier  :

l’Être de Raison, formé par l’Intellect et l’Être extra-mental ?

Cette question m’a été formulée par Jean Mathieu sur un forum.

Ma  réponse, en substance, est la suivante : objecter que les êtres démontrés existants n’existent pas extra-mentalement revient à contredire le théorème ou bien à se contredire. Le théorème fonctionnant avec des bascules duales, objecter un côté revient à acter un autre côté. Donc à se contredire. Je développerai plus tard…

Première objection philosophique recevable à réfléchir donc.

Réponse partielle des Dominicains

ERIC BASILLAIS (MàJ : 14/11/2016)

Suite à ma démarche envers l’ordre dominicain au sujet de mon travail sur la preuve de l’existence de Dieu j’ai reçu une lettre d’un ancien prof de la Sorbonne confirmant la possibilité de raisonner comme l’a fait GÖdel, en combinant prédicats du second ordre et logique modale d’Aristote ( acte-nécessité et puissance-potentialité)… c’est déjà ça…

Ensuite, un autre commentaire, issu du milieu Thomiste, vient ordonner les résultats issus des théorèmes ontologiques établis à la question de l’ordre de l’essence et l’ordre de l’existence. Dans ce cadre, typiquement Thomiste, l’existence des Anges établie logiquement comme nécessaire (acte pur) devient, tout en restant conforme en tout point à la définition de St Thomas d’Aquin, à la fois une réception de l’acte pur dans l’essence angélique et une « création » de cette existence nécessaire, du fait du caractère limitatif même de l’essence angélique. Ce point de vue montre, par ricochet, que le point de départ de l’argumentation ontologique est un point de vue HUMAIN. Ce pourquoi les Anges NOUS apparaisssent comme nécessaires, à nous autres HUMAINS. Tandis que du point de vue de l’Existence Infinie ( càd Dieu), la limitation, sur le « chemin d’en bas »,  coïncide avec la création même de l’essence en question, en acte pur.

Pour reprendre la référence au Credo, c’est l’illustration du fameux : « et PER QUEM omnia facta SUNT » !

La conséquence est excitante : le Credo n’est pas mis en défaut, sur le point ontologique, mais confirmé par la démonstration mathématique de la preuve ontologique de Gödel-Basillais.

Discusssions sur LES DIEUX SONT LOGIQUES

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De quoi s’agit-il ?
Il s’agit de la preuve ONTOLOGIQUE de l’EXISTENCE de DIEU. Idée de Saint Anselme terminée par rien moins que Kurt GÖDEL. Je ne suis qu’un récoltant rendant gloire : 1/ à Dieu, 2/ aux Anges ( autres « dieux » on verra ci-dessous),3/ à Héraclite, Aristote et Gödel.

Je viens donc dans le salon ZEBREs CHRETIENS : 1/ pour être au calme et en milieu intéressé. 2/ pour trouver mon coeur de cible ( 1/100 000 de la population mondiale) composé surtout de Surdoués, Autistes (Asperger), Matheux, Physiciens, Théologiens, Chrétiens, en particulier Thomistes.

Il s’agit de : 1/ diffuser les théorèmes de Métaphysique démontrés. 2/ En discuter à tout point de vue intelligent.

Principaux résultats des théorèmes
1/Preuve ontologique de l’existence de Dieu (celui des Chrétiens) : Existence UNIQUE en ACTE. Essence Illimitée (Infinie). Transcendance par rapport aux Anges et au Cosmos.
2/Preuve ontologique de l’existence des Anges (ceux des Chrétiens Thomistes) : selon l’angélologie de St Thomas d’Aquin, est Ange toute essence finie ( limitée) recevant l’existence en ACTE (et seulement en acte).
3/Statut ONTOLOGIQUE du RIEN ( NIHIL) dans la Création : EX NIHILO. NIHIL  s’avère être une Essence Unique. Infinie. Transcendante par rapport aux Anges et au Cosmos, duale de celle de Dieu, et en PUISSANCE (et seulement en puissance).
4/Hérésies…selon les théorèmes, les anges possèdent le même type d’existence ( l’existence mathématique) que Dieu. En acte pur également. Et transcendant à Dieu (un cas logique disjoint). Pour moi, il ne peuvent être créés. Ils ont un statut comparable de « dieu ». J’ai saisi l’ Ordo Fratrum Prædicatorum, service hérésie de l’Eglise Catholique si vous voulez, à ce sujet…faute de métaphysiciens issus de la Modernité, volontairement démissionnaire à ce sujet…
5/ Autres  : à votre initiative …

Méthodologie du fil
Afin d’éviter la dispersion, inhérente au format forum, je reviendrai éditer en première page régulièrement…cela évitera des lectures fastidieuses a priori. Par ailleurs, la terminologie employée, lorsqu’elle n’est pas thomiste (ange, analogie) sera empruntée à Héraclite (H), Aristote (A) et Gödel (notations) (G).

Qui est Dieu ?
J’appelle LOGOS (H) l’ensemble de tous les prédicats, logiquement connectés  implicativement, nécessairement (logique modale, merci Aristote) et universellement.
Dieu est le demi-LOGOS qui reçoit l’EXISTENCE en ACTE (et seulement en acte) pur.
NIHIL est le demi-LOGOS qui reçoit la PUISSANCE (et seulement la puissance) pure.
Normalement, ce charabias ne vous dit rien a priori… il y a des théorèmes derrière tout cela et une terminologie… mais le point de départ, pédagogiquement, me semble être le LOGOS. Gödel ne s’est pas posé la question…

 

 

Normalement s’il existe quelqu’un sur ce fil, je vais avoir un phénomène visuel : une réponse écrite…

Mais pour un être INTELLIGIBLE comme Dieu ?
Seul mon intellect peut saisir cet être…

C’est l’idée générale de la preuve ontologique.
Parue dans le Proslogion de Saint Anselme d’Aoste, prieur du Bec ( abbaye bénédictine, aujourd’hui cistercienne) et archevêque de Cantorbéry, cette idée consiste à chercher quels prédicats conviennent à Dieu (dans le vocabulaire originel il s’agit de perfections). En effet, en Logique, l’existence n’est jamais seule mais associée à un prédicat p : il existe X tel que p(X).

La remarque capitale de saint Anselme est que, dans le cas de  Dieu, on peut remonter à un prédicat MAXIMAL. Tel sera l’idée de base reprise par GÖDEL dans sa démonstration,pour le coup tout à fait rigoureuse, de l’Existence de certains êtres intelligibles, cités plus haut : Dieu et les Anges.

La légende veut que Gödel ait eu peur des démons…toujours est-il qu’il n’ignorait pas l’existence des anges. Mais quant aux démons… ( qui sont des anges ) … rien ne prouve cela dans les démonstrations d’existence  dont il est question dans les théorèmes développés dans mon bouquin.

Mais revenons à la preuve elle-même :
Au lieu de dire « ououhhh ?  » comme je le fis au début de ce message, Gödel interpelle cet ou ces êtres intelligibles après l’analyse suivante (que je lui prête pour les besoins de la pédagogie) :

Si cet être intelligible pur existe, il possède au moins un prédicat (remarque précédente). Rien n’oblige à ce que ce prédicat soit unique. Prenons deux prédicats. Sont-ils connectés logiquement et comment ? S’il ne l’étaient pas, l’être ne serait pas intelligible. On peut donc les connecter, du moins indirectement, à travers une chaîne d’autres prédicats intermédiaires. Par ailleurs, suivant l’idée de Saint Anselme, il y a un certain ordre entre les prédicats. L’implication est une connexion qui permet un préordre (transitivité). Enfin, il y a dû avoir un travail préparatoire ….le résultat est que GÖDEL appelle ces êtres par un prédicat, du second ordre, sur tous les prédicats connectés implicativement, nécessairement ( logique modale Aristote) et universellement ( ce que moi, Eric Basillais, j’appelle le LOGOS). (J’en donne l’explication dans le bouquin. Mon but  n’est pas de copier-coller le bouquin). Il va demander l’existence d’êtres tels qu’ un prédicat du second ordre existe. Ces êtres étant à l’ordre zéro, il lui faudra introduire un prédicat intermédiaire : le prédicat essentiel. Celui-ci a la propriété d’être sujet du prédicat du second ordre ( que j’appelle ESSENCE car il est la forme complète de tous les prédicats de l’être) ET prédicat du premier ordre de l’être en question. Mais aussi, d’être LE PLUS GRAND des prédicats du premier ordre relatifs à l’être appelé. Idée maîtresse de Saint Anselme encore une fois.

Et bien ça marche !

Et il rencontre plusieurs cas logiques disjoints, assurant la DUALITE, donc la TRANSCENDANCE caractéristique du Christianisme. Mais, la Logique, étant aveugle pour être certaine, il y a des résultats qui sont notablement contraires au dogme chrétien. Donc hérétiques au sens propre. Raison supplémentaire pour que des Z chrétiens s’emparent du sujet en question.

Reste toutefois que j’ai entamé la démarche auprès de l’ordre concerné (O.P. )  ainsi que je l’ai déjà dit plus haut et dans ma présentation.

 

https://wordpress.com/post/ericbasillais.wordpress.com/2217

Le cas spécial de DIEU : ontologie pan-logique et Scolastique

Quitte à déranger a priori le monothéiste, j’ai appliqué, sans discernement, le mot dieu, dans mon titre, à Dieu, aux anges et même au vide (nihil) !

La raison en est la méthodologie de recherche initiale : je recherche un être comme Dieu.  De même qu’il est naturel d’appeler poisson tout être tiré du filet, il est naturel d’appeler dieu tout être correspondant à la pêche aux dieux…

Maintenant, le cas du vide (nihil), traité comme un grand dieu infini ne sera pas traité hors du livre…disons que sa modalité d’être n’étant pas l’existence, cela ne va gêner, ontologiquement, personne. Nominalement tout au plus …

La question des anges est plus délicate. Ainsi que je l’ai répété souvent, elle est transmise pour étude aux autorités compétentes en philosophie des choses invisibles mais intelligibles, savoir l’O.P. (ORDRE DES PRÊCHEURS)

J’hésite  entre deux positions : d’un côté les anges recevant l’existence en acte, existent nécessairement. Donc hors du temps. Etant éternels, comment auraient-ils pu être créés ? C’est la position hérétique.

D’un autre côté, la dualité extrêmement forte de l’ontologie panlogique issue des théorèmes de Métaphysique de mon livre (Les dieux sont logiques), a des conséquences quant au cas spécial de Dieu: son infinité est consubstantielle à sa solitude.

La rencontre, dans l’ordre de la connaissance scolastique, logique et ontologique à la fois, avec cet être spécialement solitaire qu’est Dieu, a encore quelque chose de bouleversant, même dans la voie de la raison hélleno-chrétienne seule. Voici comment.

Imaginez que, suite à une guerre nucléaire totale, vous soyez le dernier de  l’espèce humaine survivant. Les prédicats, qui d’ordinaire, dans une condition naturelle et sociale, s’applique à l’essence humaine, ne s’appliqueront qu’à vous-même. Tout d’un coup, ces prédicats, tout en restant formellement des prédicats, ne diraient plus rien des autres mais seulement de vous. Leur sémantique propre ainsi que leur connexion logique perdrait toute portée. Cette perte serait compensée, en quelque sorte, par une synonymie de prédicats. Que disent-ils tous désormais ? Qu’il existe un unique être dont l’essence est humaine. Encore cet être, vous-même, est-il distinct d’autres êtres, d’essence différente, comme les animaux et les plantes, ou les étoiles….

Mais le cas de Dieu est ontologiquement plus solitaire que vous, même dans le cas post-nucléaire évoqué. Car l’Essence de Dieu, d’après les théorèmes publiés, est INFINIE id est ILLIMITEE ! C’est à dire que TOUS les prédicats (dans la mesure où ils ne se contredisent pas) disent  : il existe un être unique tel que je prédique cet être. Autrement dit, l’Essence de Dieu ne dit qu’une chose : il existe un unique ET RIEN en dehors d’elle pour dire autre chose.

Dans ce cas, et dans ce cas seulement, le poisson est si gros ( infini ! ) que le filet n’est plus qu’une notion humaine, incapable d’emprisonner le poisson. Le Thomisme, philosophie chrétienne, dans son appareil Latin, dit que l’Essence est identique à l’être réellement existant qu’elle était sensée ramener en tant que filet dans la pêche intellectuelle.

Il dit : l’Essence = l’Existence.

La Logique moderne le dit aussi : il existe un unique tel que…tous les prédicats (non contradictoires).  Comme ces prédicats perdent tout leur sens relatif, nous l’avons vu, en l’absence de second être pour comparer, ils perdent leur sens idiosyncratique au profit d’une seule signification : il existe un unique tel que (vrai). Donc il existe un unique.

Dans le cas de Dieu, il semble que la scolastique, considérée par le catéchisme moderniste comme obscurantiste, rejoigne, avec 8 siècles d’avance, la démonstration de Gödel développée par Basillais…

Le  symbole mathématique  » il existe », jamais employé sans prédicat d’ordinaire, désigne, à lui seul, le Dieu des Chrétiens…

 

Je centralise ici un échange survenu sur un autre fil:

XXX a écrit:
En mathématique, justifier l’existence, cela signifie démontrer une formule du type : il existe x tel que p(x), où x peut parcourir un ensemble défini et p est une propriété définie portant sur les éléments de cet ensemble. C’est-à-dire qu’on se place dans un cadre formel et une logique définie permettant de considérer que si les prémisses d’une règle sont tenues pour vraies, alors leur conclusion l’est aussi.

C’est-à-dire qu’ici tout est défini par des écritures et des transformations d’écriture. L’écriture conforme à une syntaxe, c’est le seul acte qui est mis en œuvre pour justifier l’existence mathématique. Et cette écriture, qu’elle soit effectuée sur le papier, sur un ordinateur ou dans l’esprit, correspond à une forme que les mathématicien reconnaissent comme la même indépendamment de son inscription en un lieu ou un autre, en un temps ou un autre, par un moyen ou un autre. Il y a des actes, il y a des personnes qui les interprètent, mais l’acte comme la personne sont évacués dans la notion de forme.

Évacuer la matière et l’acte quand il s’agit de forme, on peut certes considérer que c’est une hypothèse métaphysique, mais c’est ainsi que l’on procède pour définir l’existence mathématique.

Par ailleurs, il y a l’existence personnelle, qui est en acte, la mienne comme celle de toute autre personne, de tout autre être vivant, voire de tout phénomène physique. Quand je dis « je », je peux bien le rapporter à un « je pense donc je suis », mais il ne s’agit pas d’abord d’un raisonnement. Me rendre compte que j’existe, je peux le rapporter à un « je ressens » comme à un « je pense », mais ce n’est qu’une expression dans un langage. Seule existe une certitude intime où percevoir est en amont et décider en aval si l’on veut, ou bien ne font qu’un.

Alors voici deux emplois du terme exister : la possibilité formelle et l’expérience réelle. En pratique il y a des liens entre les deux mais c’est comme si c’était indépendant.

Où pourrait se situer ce qu’on appelle l’existence d’un Dieu qui dépasserait l’une et l’autre de ces deux existences pour lesquelles au moins des mots peuvent me venir pour en parler ?

Réponse :

D’abord merci de discuter ce sujet.

Ensuite, Paragraphe 1:
je suis plutôt d’accord avec ton premier paragraphe étant héritier d’une culture scientifique moderne…que j’utilise justement pour prouver un truc pas ordinaire ( Dieu etc…).
Formellement, je n’ai pas vu d’ensemble dans la preuve Gödelienne. Cela ne signifie pas qu’il n’y en avait pas. Implicite ? C’est pourquoi j’ai précisé la notion de Logos. Mais elle n’intervient pas nominalement dans les théorèmes de Métaphysique semés par Gödel et récoltés par Basillais. Seulement dans l’explication-interprétation : l’ontologie panlogique.
Le prédicat p() dont il s’agit dans la preuve ontologique est, grosso modo, l’Essence. Celle-ci est définie comme une théorie complète et non contradictoire…. étonnant non ? En même temps c’est Gödel… donc pas étonnant…

Paragraphes 2-3: sur l’écriture mathématique: avant l’écriture il y a surtout la logique humaine. Qui a qque chose à voir avec la fonction langage des homo sapiens. Donc l’acte dont il s’agit est, avant toute idiosyncrasie formaliste, l’acte d’exister dans l’essence de l’humanité. Conclusion : on peut transposer le formalisme et l’acteur; mais on ne peut évacuer totalement l’essence de l’humanité dans cette affaire de logique. Cette preuve est faite par l’homme pour l’homme…Dieu s’en fiche et nos amis les bêtes itou ! Dit autrement : Faire abstraction de…………… ne signifie pas complètement :  nier l’existence de…………

Paragraphe 4 :
la notion d’exister en deux temps : perception puis décision. St Thomas ne dit pas autre chose, me semble-t-il. En effet, il parle d’appréhension, sorte de faculté (humaine !) coordonnant les 5 sens et proposant, « ensuite » (temps très court, peut-être nul mais signifiant au moins un ordre de principe sinon de temps) à la capacité de juger un « portrait » dessiné à partir des 5 sens. Et là, le jugement dit : ceci est ( existe).


Paragraphe 5 :
si tu as pris en compte mon objection du paragraphe 2-3, alors tu vois que « ce » n’est pas indépendant…faire comme si n’est pas identiquement être ainsi.


Paragraphe 6 :
ces « deux  » existences n’en font qu’une. Primo. (Cf. ante) Secondo : l’existence de Dieu sera donc décidée par la même faculté de jugement que celle qui décide que ton appréhension de toi-même existe. Simplement, il n’y a pas, dans nos sens, de quoi dépeindre Dieu. Il est invisible, comme les anges et le vide du reste. La théologie du quartier latin parlait d’Intelligibles. C’est à dire que c’est ton intellect, seul, qui agit. Reste qu’il lui faut « du grain à moudre » : un substitut d’appréhension. Et cet ersatz, c’est ce que j’appelle l’essence. Le fameux prédicat p(). Je le construis, par réflexion de mon intellect sur sa propre activité. En l’occurrence ….langagière (logique).

Dans les raisonnements proposés, il n’y a pas de différence entre montrer l’existence de Dieu, des anges et du vide et démontrer l’existence d’un point fixe pour des fonctions contractantes sur un compact…Qui peut l’un peut l’autre..

Amicalement. ERIC BASILLAIS.

Le cas spécial de DIEU : ontologie pan-logique et Scolastique

http://www.zebrascrossing.net/t28409-preuve-ontologique-de-l-existence-de-dieu-et-des-anges-statut-cognitif-du-nihil#1180289

ERIC BASILLAIS

Le cas spécial de Dieu :

Quitte à déranger a priori le monothéiste, j’ai appliqué, sans discernement, le mot dieu, dans mon titre, à Dieu, aux anges et même au vide (nihil) !

La raison en est la méthodologie de recherche initiale : je recherche un être comme Dieu.  De même qu’il est naturel d’appeler poisson tout être tiré du filet, il est naturel d’appeler dieu tout être correspondant à la pêche aux dieux…

Maintenant, le cas du vide (nihil), traité comme un grand dieu infini ne sera pas traité hors du livre…disons que sa modalité d’être n’étant pas l’existence, cela ne va gêner, ontologiquement, personne. Nominalement tout au plus …

La question des anges est plus délicate. Ainsi que je l’ai répété souvent, elle est transmise pour étude aux autorités compétentes en philosophie des choses invisibles mais intelligibles, savoir l’O.P. (ORDRE DES PRÊCHEURS)

J’hésite  entre deux positions : d’un côté les anges recevant l’existence en acte, existent nécessairement. Donc hors du temps. Etant éternels, comment auraient-ils pu être créés ? C’est la position hérétique.

D’un autre côté, la dualité extrêmement forte de l’ontologie panlogique issue des théorèmes de Métaphysique de mon livre (Les dieux sont logiques), a des conséquences quant au cas spécial de Dieu: son infinité est consubstantielle à sa solitude.

La rencontre, dans l’ordre de la connaissance scolastique, logique et ontologique à la fois, avec cet être spécialement solitaire qu’est Dieu, a encore quelque chose de bouleversant, même dans la voie de la raison hélleno-chrétienne seule. Voici comment.

Imaginez que, suite à une guerre nucléaire totale, vous soyez le dernier de  l’espèce humaine survivant. Les prédicats, qui d’ordinaire, dans une condition naturelle et sociale, s’applique à l’essence humaine, ne s’appliqueront qu’à vous-même. Tout d’un coup, ces prédicats, tout en restant formellement des prédicats, ne diraient plus rien des autres mais seulement de vous. Leur sémantique propre ainsi que leur connexion logique perdrait toute portée. Cette perte serait compensée, en quelque sorte, par une synonymie de prédicats. Que disent-ils tous désormais ? Qu’il existe un unique être dont l’essence est humaine. Encore cet être, vous-même, est-il distinct d’autres êtres, d’essence différente, comme les animaux et les plantes, ou les étoiles….

Mais le cas de Dieu est ontologiquement plus solitaire que vous, même dans le cas post-nucléaire évoqué. Car l’Essence de Dieu, d’après les théorèmes publiés, est INFINIE id est ILLIMITEE ! C’est à dire que TOUS les prédicats (dans la mesure où ils ne se contredisent pas) disent  : il existe un être unique tel que je prédique cet être. Autrement dit, l’Essence de Dieu ne dit qu’une chose : il existe un unique ET RIEN en dehors d’elle pour dire autre chose.

Dans ce cas, et dans ce cas seulement, le poisson est si gros ( infini ! ) que le filet n’est plus qu’une notion humaine, incapable d’emprisonner le poisson. Le Thomisme, philosophie chrétienne, dans son appareil Latin, dit que l’Essence est identique à l’être réellement existant qu’elle était sensée ramener en tant que filet dans la pêche intellectuelle.

Il dit : l’Essence = l’Existence.

La Logique moderne le dit aussi : il existe un unique tel que…tous les prédicats (non contradictoires).  Comme ces prédicats perdent tout leur sens relatif, nous l’avons vu, en l’absence de second être pour comparer, ils perdent leur sens idiosyncratique au profit d’une seule signification : il existe un unique tel que (vrai). Donc il existe un unique.

Dans le cas de Dieu, il semble que la scolastique, considérée par le catéchisme moderniste comme obscurantiste, rejoigne, avec 8 siècles d’avance, la démonstration de Gödel développée par Basillais…

Le  symbole mathématique  » il existe », jamais employé sans prédicat d’ordinaire, désigne, à lui seul, le Dieu des Chrétiens…

 

 

Thomisme : 24 thèses de 1914

Les 24 thèses thomistes de 1914 (église catholique).

Source : http://docteurangelique.forumactif.com/t815-les-24-theses-thomistes

 

I. – Potentia et actus ita dividunt ens, ut quidquid est, vel sit actus purus, vel ex potentia et actu tanquam primis atque intrinsecis principiis necessario coalescat.La puissance et l’acte divisent l’être de telle sorte que tout ce qui existe, ou bien est acte pur, ou bien se compose nécessairement de puissance et d’acte comme principes premiers et intrinsèques.

(Cf. S. Thomas, Métaphysiques, V, 14; IX, surtout I. I, 5, 7, 8, 9.- De Potentia, q. 1, a. 1 et 3; Somme théologique, Ire Partie, question 77, article 1, conclusion.)

II.- Actus, utpote perfectio, non limitatur, nisi per potentiam, quae est capacitas perfectionis. Proinde in quo ordine actus est purus, in eodem non nisi illimitatus et unicus existit; ubi vera est finitus ac multiplex, in veram incidit cum potentia compositionem.

L’acte, étant perfection, n’est limité que par la puissance qui est capacité de perfection. Par conséquent, dans l’ordre où il est pur, l’acte se trouve nécessairement sans limites et unique; mais là où il est fini et multiple, il entre dans une véritable composition avec la puissance.

(Cf. S. Thomas, I Contra Gentiles, ch. 43; I Sentences, dist. 43, q. 2.)

III.- Quapropter in absoluta ipsius esse ratione unus subsistit Deus, unus est simplicissimus: cetera cunsta quae ipsum esse participant, naturam habent qua esse coarctatur, ac tamquam distinctis realiter principiis, essentia et esse constant.

Aussi seul Dieu subsiste-t-il dans la raison absolue de l’être lui-même, seul il est parfaitement simple; toutes les autres choses qui participent de l’être lui-même ont une nature qui limite leur être et sont constituées d’une essence et d’une existence, comme de principes réellement distincts.

(Cf. S. Thomas, I Contra Gentiles, cc. 38, 52-54; Somme théologique, Ire Partie, q. 50, a. 2, ad. 3; L’Être et l’Essence, c. 5.)

IV.- Ens, quod denominatur ab esse, non univoce de Deo, et creaturis dicitur, nec tamen prorsus aequivoce, sed analogice, analogia tum attributionis tum proportionalitatis.

L’être, qui reçoit sa dénomination du verbe être, se dit de Dieu et des créatures d’une façon non pas univoque, ni pourtant tout équivoque, mais analogue d’une analogie et d’attribution et de proportionnalité.

(Cf. S. Thomas, I Contra Gentiles, cc. 32-34; De Potentia, q. 7, a. 7.)

V.- Est praeterea in omni creatura realis compositio subjecti subsistentis cum formis secundario additis, sive accidentibus: ea vera nisi esse realiter in essentia distincta reciperetur, intelligi non posset.

Il y a, en outre, dans toute créature, composition réelle d’un sujet subsistant avec des formes surajoutées, des accidents: mais cette composition serait inintelligible si l’existence n’était pas réellement reçue dans une essence distincte.

(Cf. S. Thomas, I Contra Gentiles, c. 23; II Contra Gentiles, c. 52; Somme théologique, Ire Partie, q. 3; a. 6; L’Être et l’Essence, c. 7.)

VI.- Praeter absoluta accidentia est etiam relativum, sive ad aliquid. Quamvis enim ad aliquid non significet secundum propriam rationem aliquid alicui inhaerens, saepe tamen causam in rebus habet, et ideo realem entitatem distinctam a subjecto.

Outre les accidents absolus, il en est un de relatif, en d’autres termes, un rapport à quelque chose. Bien que ce rapport ne signifie pas par lui-même quelque chose d’inhérent à un sujet, il y a souvent toutefois dans les choses sa cause et par suite une réalité entitative distincte du sujet.

(Cf. S. Thomas, Somme théologique, Ire Partie, q. 28, surtout a. 1.)

VII.- Creatura spiritualis est in sua essentia omnino simplex. Sed remanet in ea compositio duplex: essentiae cum esse et substantiae cum accidentibus.

La créature spirituelle est tout à fait simple dans son essence. Mais il reste en elle une double composition, celle de l’essence et d’existence et celle de substance et d’accidents.

(Cf. S. Thomas, Somme théologique, Ire Partie, questions 50-51 et 54; De spiritualibus creaturis, a. 1.)

VIII.- Creatura vero corporalis est quoad ipsam essentiam composita potentia et actu; quae potentia et actus ordinis essentiae materiae et formae nominibus designantur.

Quant à la créature corporelle, elle est dans son essence même composée de puissance et d’acte: cette puissance et cet acte de l’ordre de l’essence sont désignés sous les noms de matière et de forme.

(Cf. S. Thomas, De spiritualibus creaturis, a. 1.)

IX.- Earum partium neutra per se esse habet, nec per se producitur vel corrumpitur, nec ponitur in praedicamento nisi reductive ut principium substantiale.

De ces deux parties, aucune n’existe par soi, n’est produite par soi, ne se corrompt par soi, ne peut être rangée dans un prédicament si ce n’est par réduction, en tant que principe substantiel.

(Cf. S. Thomas, Somme théologique, Ire Partie, q. 45, a. 4; De Potentia, q. III, a. 1, ad. 12.)

X.- Etsi corpoream naturam extensio in partes integrales consequitur, non tamen idem est corpori esse substantiam et esse quantum. Substantia quippe ratione sui indivisibilis est, non quidem ad modum puncti, sed ad modum ejus quod est extra ordinem dimensionis. Quantitas vero, quae extensionem substantiae tribuit, a susbtantia realiter differt, et est veri nominis accidens.

Bien que l’extension en parties intégrantes résulte de la nature des corps, ce n’est pourtant point la même chose pour un corps d’être une substance et d’être étendu. La substance, en effet, par elle-même, est indivisible, non à la façon d’un point, mais à la manière de ce qui se trouve en dehors de l’ordre de la dimension. Mais la quantité, qui donne son extension à la substance, en diffère réellement et c’est un véritable accident.

(Cf. S. Thomas, IV Contra Gentiles, c. 65; I Sent., dist. 37, q. 2, a. 1, ad. 3; II Sent., dist. 30, q. 2, a. 1.)

XI.- Quantitate signata materia principium est individuationis, id est numericae distinctionis (quae in puris spiritibus esse non potest) unius individui ab alio in eadem natura specifica.

La matière désignée par la quantité est le principe de l’individuation, c’est-à-dire de la distinction numérique, impossible chez les esprits purs, d’individus au sein d’une même nature spécifique.

(Cf. S. Thomas, II Contra Gentiles, cc. 92-93; Somme théologique, Ire Partie, q. 50, a. 4; L’Être et l’Essence, c. II.)

XII.- Eadem efficitur quantitate ut corpus circumscriptive sit in loco, et in uno tantum loco de quacumque potentia per hunc modum esse possit.

Cette même quantité fait que le corps se trouve d’une façon circonscriptive dans un lieu et qu’il ne peut, de quelque puissance que ce soit, se trouver de cette façon que dans un seul lieu.

(Cf. S. Thomas, Somme théologique, IIIe Partie, q. 75; IV Sent., dist. 10, a. 3; Quodlib., III.)

XIII.- Corpora dividuntur bifariam: quaedam enim sunt viventia, quaedam expertia vitae. In viventibus, ut in eodem subjecto pars movens et pars mota per se habeantur, forma substantialis, animae nomine designata, requirit organicam dispositionem, seu partes heterogeneas.

Les corps se divisent en deux catégories: les uns sont vivants, les autres n’ont pas la vie. Chez les corps vivants, pour qu’il y ait dans un même sujet, par soi, une partie qui meuve et une partie qui soit mue, la forme substantielle, appelée âme, exige une disposition organique, en d’autres termes, des parties hétérogènes.

(Cf. S. Thomas, I Contra Gentiles, c. 97; Somme théologique, Ire Partie, q. 18, aa. 1-2; q. 75, a. 1; V Métaphysiques, lect. 14e; De Anima, passim., et spécialement L. II, c.I.)

XIV.- Vegetalis et sensibilis ordinis animae nequaquam per se subsistunt, nec per se producuntur, sed sunt tantummodo ut principium quo vivens est et vivit, et, cum a materia se tolis dependeant, corrupto composito, eo ipso per accidens corrumpuntur.

Les âmes de l’ordre végétatif et de l’ordre sensible ne subsistent pas par elles-mêmes et ne sont pas produites en elles-mêmes; elles existent seulement à titre de principe par lequel l’être vivant existe et vit; et, comme elles dépendent de la matière par tout elles-mêmes, elles se corrompent par accident à la corruption du composé.

(Cf. S. Thomas, II Contra Gentiles, cc. 80, 82; Somme théologique, Ire Partie, q. 75, a. 3, et q. 90, a. 2.)

XV.- Contra, per se subsistit anima humana, quae, cum subjecto sufficienter disposito potest infundi, a Deo creatur, et sua natura incorruptibilis est atque immortalis.

Par contre, subsiste par elle-même l’âme humaine qui, créée par Dieu quand elle peut être infusée à un sujet suffisamment disposé, est de sa nature incorruptible et immortelle.

(Cf. S. Thomas, II Contra Gentiles, cc. 83 et suiv.; Somme théologique, Ire Partie, q. 75, a. 2; q. 90; q. 118; Questions disputées, De Anima, a. 14; De Potentia, q. 3, a. 2.)

XVI.- Eadem anima rationalis ita unitur corpori, ut sit ejusdem forma substantialis unica, et per ipsam habet homo ut sit homo et animal et vivens et corpus et substantia et ens. Tribuit igitur anima homini omnem gradum perfectionis essentialem; insuper communicat corpori actum essendi, quo ipsa est.

Cette âme raisonnable est unie au corps de façon à en être l’unique forme substantielle: c’est à elle que l’homme doit d’être homme, animal, vivant, corps, substance, être. L’âme donne donc à l’homme tous ses degrés essentiels de perfection; de plus elle communique au corps l’acte d’existence qui la fait exister elle-même.

(Cf. S. Thomas, Somme théologique, Ire Partie, q. 76; II Contra Gentiles, cc. 56, 68-71; De Anima, a. 1; Quest. Disp., De Spiritualibus creaturis, a. 3.)

XVII.- Duplicis ordinis facultates, organicae et inorganicae, ex anima humana per naturalem resultantiam emanant: priores, ad quas sensus pertinet, in composito subjectantur, posteriores in anima sola. Est igitur intellectus facultas ab organo intrinsece independens.

Des facultés de deux ordres, les unes organiques, les autres inorganiques, émanent de l’âme humaine par un résultat naturel; les premières, auxquelles appartient le sens, ont pour sujet le composé; les secondes, l’âme seule. L’intelligence est donc une faculté intrinsèquement indépendante de tout organe.

(Cf. S. Thomas, Somme théologique, Ire Partie, qq. 77-79; II Contra Gentiles, c. 72; De Spiritualibus creaturis, a. 11 et suiv.; De Anima, a. 12 et ss.)

XVIII.- Immaterialitatem necessario sequitur intellectualitas, et ita quidem ut secundum gradus elongationis a materia, sint quoque gradus intellectualitatis. Adaequatum intellectionis objectum est communiter ipsum ens; proprium vero intellectus humani objectum in praesenti statu unionis, quidditatibus abstractis a conditionibus materialibus continetur.

L’immatérialité entraîne nécessairement l’intellectualité à ce point qu’aux degrés d’éloignement de la matière répondent autant de degrés d’intellectualité. L’objet adéquat de l’intellection est d’une façon générale l’être lui-même; mais l’objet propre de l’intelligence humaine, dans son état actuel d’union avec le corps, est fait de quiddités abstraites de leurs conditions matérielles.

(Cf. S. Thomas, Somme théologique, Ire Partie, q. 14, a. 1; q. 84, a. 7; q. 89, aa. 1-2; II Contra Gentiles, cc. 59, 72.)

XIX.- Cognitionem ergo accipimus a rebus sensibilibus. Cum autem sensibile non sit intelligibile in actu, praeter intellectum formaliter intelligentem, admittenda est in anima virtus activa, quae species intelligibiles a phantasmatibus abstrahat.

Nous recevons donc des choses sensibles notre connaissance. Mais comme l’objet sensible n’est pas actuellement intelligible, il faut admettre dans l’âme, en plus de l’intelligence formellement connaissante, une forme active capable d’abstraire des images les espèces intelligibles.

(Cf. S. Thomas, Somme théologique, Ire Partie, q. 79, aa. 3-4; q. 84, aa. 6-7; II Contra Gentiles, c. 76 et suiv.; De Spiritualibus creatoris, a. 10.)

XX.- Per has species directe universalia cognoscimus; singularia sensu attingimus, tum etiam intellectu per conversionem ad phantasmata; ad cognitionem vero spiritualium per analogiam ascendimus.

Par ces espèces (intellectuelles) nous connaissons directement des objets universels; les objets singuliers, nous les atteignons par les sens et aussi par l’intelligence grâce à un retour sur les images; quant à la connaissance des choses spirituelles, nous nous y élevons par analogie.

(Cf. S. Thomas, Somme théologique, Ire Partie, questions 85-88.)

XXI.- Intellectum sequitur, non praecedit voluntas, quae necessario appetit id quod sibi praesentatur tanquam bonum ex omni parte explens appetitum, sed inter plura bona, quae judicio mutabili appetenda proponuntur, libere eligit. Sequitur proinde electio judicium practicum ultimum; at quod sit ultimum, voluntas efficit.

La volonté suit l’intelligence, ne la précède point; elle se porte d’un mouvement nécessaire vers l’objet qui lui est présenté comme un bien rassasiant de tout point l’appétit, mais entre plusieurs biens qu’un jugement réformable lui propose à rechercher, elle est libre dans son choix. Le choix suit donc le dernier jugement pratique; mais, qu’il soit le dernier, c’est la volonté qui le fait.

(Cf. S. Thomas, Somme théologique, Ire Partie, qq. 82-83; II Contra Gentiles, cc. 72 et suiv.; De Veritate, q. 22, a. 5; De Malo, q. 11.)

XXII.- Deum esse neque immediata intuitione percipimus, neque a priori demonstramus, sed utique a posteriori, hoc est, per ea quae facta sunt, ducto argumento ab effectibus ad causam: videlicet, a rebus quae moventur et sui motus principium adaequatum esse non possunt, ad primum motorem immobilem: a processu rerum mundanarum e causis inter se subordinatis, ad primam causam incausatam; a corruptibilibus, quae aequaliter se habent ad esse et non esse, ad ens absolute necessarium; ab iis quae secundum minoratas perfectiones essendi, vivendi, intelligendi, plus et minus sunt, vivunt, intelligunt, ad eum qui est maxime intelligens, maxime vivens, maxime ens; denique ab ordine universi ad intellectum sezparatum qui res ordinavit, disposuit et dirigit in finem.

L’existence de Dieu, nous ne la percevons point dans une intuition immédiate, nous ne la démontrons pas a priori, mais bien a posteriori, c’est-à-dire par les créatures, l’argument allant des effets à la cause: savoir, des choses qui sont mues et qui ne peuvent être le principe adéquat de leur mouvement, à un premier moteur immobile; du fait que les choses de ce monde viennent de causes subordonnées entre elles, à une première cause non causée; des choses corruptibles qui sont indifférentes à être ou à n’être pas, à un être absolument nécessaire; des choses qui, selon des perfections amoindries d’être, de vie et d’intelligence, sont, vivent, pensent plus ou moins, à celui qui est souverainement intelligent, souverainement vivant, souverainement être; enfin, de l’ordre de l’univers, à une intelligence séparée qui a mis en ordre et disposé les choses et les dirige vers leur fin.

(Cf. S. Thomas, Somme théologique, Ire Partie, q. 2; I Contra Gentiles, cc. 12 et 31; III Contra Gentiles, qq. 10 et 11; De Veritate, qq. 1 et 10; De Potentia, qq. 4 et 7.)

XXIII.- Divina essentia, per hoc quod exercitae actualitati ipsius esse identificatur, seu per hoc quod est ipsum Esse subsistens, in sua veluti metaphysica ratione bene nobis constituta proponitur, et per hoc idem rationem nobis exhibet suae infinitatis in perfectione.

L’essence divine, par là même qu’elle s’identifie avec l’actualité en exercice de son existence, en d’autres termes, qu’elle est l’Être même subsistant, s’offre à nous comme bien constituée pour ainsi dire dans sa raison métaphysique et par là aussi elle nous fournit la raison de son infinité en perfection.

(Cf. S. Thomas, I Sent., dist. 8, q. 1; Somme théologique, Ire Partie, q. 4, a. 2; q. 13, a. 11.)

XXIV.- Ipsa igitur puritate sui esse, a finitis omnibus rebus secernitur Deus. Inde infertur primo, mumdum nonnisi per creationem a Deo procedere potuisse; deinde virtutem creativam, qua per se primo attingitur ens in quantum ens, nec miraculose ulli finitae naturae esse communicabilem; nullum denique creatum agens in esse cujuscumque effectus influere, nisi motione accepta a prima Causa.

Donc, par la pureté même de son être, Dieu se distingue de toutes les choses finies. De là il s’ensuit d’abord que le monde n’a pu procéder de Dieu que par une création; ensuite que le pouvoir créateur, qui atteint de sa nature premièrement l’être en tant qu’être, ne peut, pas même par miracle, se communiquer à aucune nature finie; enfin qu’aucun agent créé ne peut influer sur l’être d’un effet quel qu’il soit, si ce n’est par une motion reçue de la Cause première.

(Cf. S. Thomas, Somme théologique, Ire Partie, qq. 44-45, 105; II Contra Gentiles, cc. 6-15; III, cc. 66-69; IV, c. 44; Questions disputées: de Potentia, surtout q. 3, a. 7.)

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Fractales et Ruptures historiques

ERIC BASILLAIS

Source : http://luth.obspm.fr/~luthier/nottale/arGNCaix.pdf

La considération « scientifique moderne » de l’évolution, en général, a acquis une technique à prendre au sérieux, s’agissant des évolutions de CRISE. Analogiquement, ces évolutions sont des transitions de phase avec point critique de RUPTURE ou discontinuité ( entre avant et après, temporellement).

Cette technique est présentée dans cet article cité en Source (Nottale). Elle utilise un modèle fractal. Plus précisément une loi logarithmique avec deux paramètres; dont un , le point critique, possède une signification intrinsèque.

Ici il s’agit d’une date critique. Les différents modèles testés signalent la date de 2080 ou 2050. Disons que le XXI siècle contient cette date critique. Il s’agit d’une date vers laquelle s’accélère les crises composantes et à partir de laquelle elles décélèrent.

Globalement, il est acquis que la contre-civilisation moderne va mourir au cours du XXIe siècle.

L’enjeu est le sens de cette rupture civilisationnelle, la civilisation succédente. Largement dépendante du COMMENT elle s’effondre (intérieurement sous l’effet de sa propre lancée moderniste, sous le contre-effet de cette modernité ; ou bien, sous le choc additif d’autres groupes humains  » externes  » et lesquels).

Tous les cas sont historiquement possibles et répertoriés. Et leur combinaisons aussi.

FRACTALES ET CONTRUCTALES

ERIC BASILLAIS

SOURCE : https://sites.google.com/site/gedsynthesis/time-tracker/science-et-vie/n-1034-nov-2003-une-theorie-explique-l-intelligence-de-la-nature-etc/p44—une-theorie-explique-l-intelligence-de-la-nature#TOC-La-th-orie-constructale-cl-des-formes-parfaites

La notion de Fractale ( Mandelbrot) sur laquelle j’avais bâti ma thèse sur la morphologie corallienne (Basillais E (1998) Etude géométrique fractale de trois espèces coralliennes (Pocillopora eydouxi, Porites lobata, Acropora cerealis). Transfert d’échelles, modèle fractal des flux naturels d’espèces chimiques dissoutes vers les récifs coralliens. Thèse de doctorat de l’Université de la Méditerranée (Aix-Marseille II). Pp 188 et : http://cat.inist.fr/?aModele=afficheN&cpsidt=199077), a été depuis peu remplacée par la notion de Constructale (Bejan).

Il s’agit de la même « géométrie » mais vue depuis un point de vue Ingénieur, non du point de vue « Chercheur ». La différence est très importante et justifie la nouvelle appellation: on utilise des équations de  physique pour optimiser des flux sous contrainte (notamment des machines thermiques comme les ordinateurs mais pas seulement). On peut prédire ainsi des connaissances sur les échelles réellement en jeu. Ce que ne parvenait pas à faire le point de vue simplement théorique ou descriptif des Fractales. Surtout, on systématise le « processus » du point de vue auto-organisation de l’espace-temps. En le fondant sur des lois dynamiques connues ( équations de la chaleur… etc…).

Dans ma thèse de Doctorat (1998) j’avais un lien entre diffusion turbulente et géométrie fractale. Ce qui était proche. Mais, en aucune façon, je n’avais dérivé ces formes et ce processus des équations a priori de la diffusion, par exemple (analogues à celles de la diffusion de la chaleur). C’est que je partais d’une colonie corallienne déjà là. Et non en construction.

Le point de vue Ingénieur a cherché au contraire des optimisations a priori et est retombé sur les Fractales. Mais sa puissance calculatoire est supérieure. Reste le revers de la Médaille : le point de vue scientifique en général, Ingénieur en particulier n’est pas du tout « écologique ». Il suffit de contempler le désastre planétaire industriel pour s’en assurer. Et, ainsi que je l’ai déjà dit, il y a dans l’approche matérialiste empiriste Popperienne, un refus de la Vie comme principe formel transcendant la Matière. Et de la logique même ( théorème d’incomplétude de Gödel tout simplement ignoré).

Ce n’est pas prêt de s’arrêter par délibération humaine, hélas. Et les Constructales marquent pour ainsi dire l’arraisonnement des Fractales par l’utilitarisme industriel.

Remarque finale : pour les Grecs archaïques pré-pré-socratiques, autrement dit pré-philosophiques, le monde est…un arbre !