Objection immanentiste : Plotin, Judas, Mahomet

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A Jean Mathieu :
Toute l’objection que tu poses est de savoir si Dieu est perceptible, au moins indirectement. De sorte qu’un Physicien pourrait vérifier expérimentalement son existence.

Cette objection revient à chercher Dieu là où, par définition, lui et les anges n’existent pas : notre cosmos.

Dieu, tel que tu le conçois, devrait obligatoirement être IMMANENT à notre cosmos.
L’idée d’êtres TRANSCENDANTS (comme THEOS et les Anges) semble, non hors de plausibilité, mais tout bonnement hors de portée de cette philosophie immanentiste là.

Dès lors, tu poses que je dois, pour surpasser la CROYANCE athéiste ou agnosticiste, démontrer un Dieu immanent. N’est-ce pas le Dieu de Plotin, de Judas et de Mahomet ?Autrement dit, lorsqu’on analyse l’objection et la thèse, on aperçoit un clivage implicite :

1/ D’un côté, l’essence est le fruit de la réflexion sur les modalités du mental (appréhension) et de sa propre activité en tant qu’intellect. Elle n’attend que l’existence (in intellectu d’abord), dont le jugement est le fruit de l’Intellect lui-même, sur la base des pièces à convictions que lui offre l’appréhension (extrait et mise en forme des données des sens OU bien essence). Nous avons montré dans la discussion précédente ( https://ericbasillais.wordpress.com/2016/11/26/ens-et-verum-convertuntur/ )  le passage de l’existence in intellectu (intellectuelle) à l’existence in re (réelle).
2/ D’un autre côté, l’objection pose que le jugement final DOIT PASSER par une appréhension issue des sens, a posteriori -quitte à passer par un dispositif expérimental compliqué ultra-technique. Besoin de garanties sonnantes et trébuchantes, mentalité marchande prudente. La réalité est posée a priori empirique. Du Hume.

Cette ligne de partage des eaux cognitives sépare l’attachement à la matière et l’attachement à l’immatériel. Cela saute aux yeux si tu réfléchis à la différence entre les théories immanentes que tu réclames (théories à nombres spécialement adaptées à la matière) et théories transcendantes que j’étudie (pas d’arithmétique… souviens toi).

En conclusion, tu réclames une preuve matérielle (même indirecte) de l’existence d’êtres immatériels (Dieu et les anges). Ce que précisément toute preuve ontologique évite par l’a priori. Mais, à supposer que je mettes sous ton nez un fait matériel indubitable autant qu’inexplicable (il en existe), en conclurais-tu à l’existence d’êtres immatériels ? C’est l’objection que je poses à ton objection. 

Bien à toi, J-M.
ERIC BASILLAIS (30/11/2016)

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