Le cas spécial de DIEU : ontologie pan-logique et Scolastique

http://www.zebrascrossing.net/t28409-preuve-ontologique-de-l-existence-de-dieu-et-des-anges-statut-cognitif-du-nihil#1180289

ERIC BASILLAIS

Le cas spécial de Dieu :

Quitte à déranger a priori le monothéiste, j’ai appliqué, sans discernement, le mot dieu, dans mon titre, à Dieu, aux anges et même au vide (nihil) !

La raison en est la méthodologie de recherche initiale : je recherche un être comme Dieu.  De même qu’il est naturel d’appeler poisson tout être tiré du filet, il est naturel d’appeler dieu tout être correspondant à la pêche aux dieux…

Maintenant, le cas du vide (nihil), traité comme un grand dieu infini ne sera pas traité hors du livre…disons que sa modalité d’être n’étant pas l’existence, cela ne va gêner, ontologiquement, personne. Nominalement tout au plus …

La question des anges est plus délicate. Ainsi que je l’ai répété souvent, elle est transmise pour étude aux autorités compétentes en philosophie des choses invisibles mais intelligibles, savoir l’O.P. (ORDRE DES PRÊCHEURS)

J’hésite  entre deux positions : d’un côté les anges recevant l’existence en acte, existent nécessairement. Donc hors du temps. Etant éternels, comment auraient-ils pu être créés ? C’est la position hérétique.

D’un autre côté, la dualité extrêmement forte de l’ontologie panlogique issue des théorèmes de Métaphysique de mon livre (Les dieux sont logiques), a des conséquences quant au cas spécial de Dieu: son infinité est consubstantielle à sa solitude.

La rencontre, dans l’ordre de la connaissance scolastique, logique et ontologique à la fois, avec cet être spécialement solitaire qu’est Dieu, a encore quelque chose de bouleversant, même dans la voie de la raison hélleno-chrétienne seule. Voici comment.

Imaginez que, suite à une guerre nucléaire totale, vous soyez le dernier de  l’espèce humaine survivant. Les prédicats, qui d’ordinaire, dans une condition naturelle et sociale, s’applique à l’essence humaine, ne s’appliqueront qu’à vous-même. Tout d’un coup, ces prédicats, tout en restant formellement des prédicats, ne diraient plus rien des autres mais seulement de vous. Leur sémantique propre ainsi que leur connexion logique perdrait toute portée. Cette perte serait compensée, en quelque sorte, par une synonymie de prédicats. Que disent-ils tous désormais ? Qu’il existe un unique être dont l’essence est humaine. Encore cet être, vous-même, est-il distinct d’autres êtres, d’essence différente, comme les animaux et les plantes, ou les étoiles….

Mais le cas de Dieu est ontologiquement plus solitaire que vous, même dans le cas post-nucléaire évoqué. Car l’Essence de Dieu, d’après les théorèmes publiés, est INFINIE id est ILLIMITEE ! C’est à dire que TOUS les prédicats (dans la mesure où ils ne se contredisent pas) disent  : il existe un être unique tel que je prédique cet être. Autrement dit, l’Essence de Dieu ne dit qu’une chose : il existe un unique ET RIEN en dehors d’elle pour dire autre chose.

Dans ce cas, et dans ce cas seulement, le poisson est si gros ( infini ! ) que le filet n’est plus qu’une notion humaine, incapable d’emprisonner le poisson. Le Thomisme, philosophie chrétienne, dans son appareil Latin, dit que l’Essence est identique à l’être réellement existant qu’elle était sensée ramener en tant que filet dans la pêche intellectuelle.

Il dit : l’Essence = l’Existence.

La Logique moderne le dit aussi : il existe un unique tel que…tous les prédicats (non contradictoires).  Comme ces prédicats perdent tout leur sens relatif, nous l’avons vu, en l’absence de second être pour comparer, ils perdent leur sens idiosyncratique au profit d’une seule signification : il existe un unique tel que (vrai). Donc il existe un unique.

Dans le cas de Dieu, il semble que la scolastique, considérée par le catéchisme moderniste comme obscurantiste, rejoigne, avec 8 siècles d’avance, la démonstration de Gödel développée par Basillais…

Le  symbole mathématique  » il existe », jamais employé sans prédicat d’ordinaire, désigne, à lui seul, le Dieu des Chrétiens…

 

 

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